Peter L. Berger

L’Impératif hérétique
Les possibilités actuelles
du discours religieux

Avant-propos de Pierre Joxe

traduit de l'anglais (USA)
par Jean-François Rebeaud

isbn 2-911087-49-6, 192 pages; 14 x 22,5 cm, 22 Euros ttc

 

    

Le mot hérésie évoquant la rébellion et l’erreur, le titre de Peter L. Berger sonne comme une provocation ou une contradiction. Impératif hérétique ? En vérité, l’étymologie grecque de ce mot renvoie seulement à l’idée de choix.
Pour Berger la condition de l’homme prémoderne était celle de la certitude religieuse, complexe résultat d’un consensus établi et d’une autorité traditionnelle. L’homme moderne vit au contraire dans le doute. Il a le choix. Il n’a pas seulement l’embarras du choix – de l’hérésie – il en a l’obligation. C’est l’impératif hérétique !
Car la modernité désorganise les sociétés traditionnelles et les mondes gouvernés par un destin. Elle pluralise et libère. Elle multiplie les choix possibles.
Extrait de l’Avant-propos de Pierre Joxe

Ceci n’est pas un livre de dévotion ni de spiritualité.
Je réfléchis sur la pensée religieuse, sur la théologie – non pas sur la foi mais sur la façon dont on pense la foi. En d’autres termes, mon objectif est intellectuel . Les intellectuels ont toujours tendance à penser que l’histoire du monde se résume à l’histoire des idées ; cette erreur provoque une distorsion complète du phénomène religieux. Toute personne engagée dans une recherche religieuse a soif d’affirmations – elle veut pouvoir arriver à dire « Voici ce que je crois ». Le pauvre intellectuel bute dans sa recherche sur des « possibilités » et « impossibilités » bien plus complexes. Il est salutaire (dans le sens le plus littéral du terme) de bien se rappeler qu’en matière de raison du cœur, sur laquelle toutes les proclamations théologiques sont finalement fondées, l’intellectuel n’a pas le moindre privilège par rapport aux autres êtres humains.
Extrait de la Préface de Peter L. Berger

  
Peter L. BERGER est né en 1929, à Vienne (Autriche). Il s’établit aux États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et y obtient un Bachelor of Arts au Wagner College et un PhD en Sociologie à la New School for Social Research de New York (1952). Il dirige la Evangelischen Akademie de Bad Boll en Allemagne en 1955-1956, avant d’enseigner dans de nombreuses universités américaines. Il est nommé en 1981 professeur de Sociologie et de Théologie à la Boston University, où il dirige, depuis sa création en 2003, l’Institute on Culture, Religion and World Affairs, centre de recherche qui a succédé à l’Institute for the Study of Economic Culture qu’il y avait fondé en 1985.
Ses domaines de recherche principaux (théorie de la sociologie, sociologie de la connaissance, sociologie des religions et du développement du Tiers-Monde) structurent son abondante bibliographie.

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