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Klauspeter Blaser Le
Christianisme social
Collection "Débats" |
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S'il semble parfois un peu anachronique, sans doute à cause de sa trop proche affiliation aux institutions de solidarité liées aux Églises, le christianisme social, nous montre Blaser, est un mouvement ancien qui connaît de profondes mutations et non une idéologie dépassée. L'auteur dresse ici un bilan historique approfondi du mouvement dont il présente les figures de proue et situe les aires géographiques pour mieux exposer les influences nationales ou linguistiques sur un courant mondialisé. Dans le dernier chapitre, il expose les raisons d'espérer que l'ancien christianisme social n'aura pas de « succédanés trompeurs » mais des « successeurs inventifs » encore à naître, semble-t-il. L'approche, tant théologique qu'historique, de Blaser est d'abord celle d'un théologien systématicien et praticien, ce qui distingue cet ouvrage des nombreuses études du christianisme social faites par des sociologues ou des historiens.
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C'est en Afrique australe, au contact du régime de l'apartheid, qu'il comprend l'influence du contexte social sur la théologie réformée. Il dénonce alors la lecture hérétique des textes bibliques et l'analyse rétrograde du développement séparé qui prétend fonder la paix et la justice sur la différence des races et des ethnies. Dans Le conflit Nord-Sud en théologie (1990) il thématise les motifs théologiques de la mission et croise deux thèmes communs avec le christianisme social, « l'avancement du règne de Dieu » et « l'amélioration ou la christianisation de la société ».
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Au nom du
Royaume Né en plein développement
industriel, le Christianisme social concentre en lui toutes les interrogations
des chrétiens confrontés au monde du travail. Dans son ouvra¬
ge qui se veut une approche théologique et historique du mouvement,
Klauspeter Blaser cite Elie Gounelle, un des pères fondateurs :
« Le Christianisme social, c'est la rénovation progressive
du monde (âmes, Église, société) par la puissance
spirituelle de Jésus-Christ et par Vidée du Royaume de Dieu.
» Cette phrase résume assez bien la quête inlassable
de ceux pour qui il est impossible de séparer la dimension spirituelle
et la dimension sociale du christianisme. Pour cette raison, la référence
au Royaume de Dieu tient une place centrale dans la pensée des
Blumhardt, Ragaz, Fallot, Gounelle, Monod... Tous se sentent portés
par cette haute exigence de rendre visible sur terre, dans ce monde, un
peu de cette lueur entrevue à la lecture de l'Évangile.
Cet article est paru dans l'hebdomadaire Réforme; n°3024, 27 mars- 2 avril 2003 acheter ce livre à la librairie en ligne l'Arrêt aux pages |
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