André Gounelle

Penser la foi
Pour un libéralisme évangélique

 

isbn 2-911087-54-2,160 pages; 14 x 22,5 cm, 20 Euros ttc

 

    

Dans son avant-propos, André Gounelle précise :
J’ai intitulé ce recueil Penser la foi. Ce titre ne caractérise pas seulement la tâche propre du théologien telle que je l’ai toujours comprise. Il indique ce à quoi tout chrétien est appelé. Quand il reprend à son compte le commandement « Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » qui se trouve dans l’Ancien Testament (Dt 6, 4-5), Jésus, d’après les évangiles synoptiques, ajoute « de toute ta pensée ». Il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une modification, car pour les Hébreux, le cœur, l’âme et la force englobent la pensée. Néanmoins, que le Nouveau Testament ait pris la peine de l’expliciter me paraît important et significatif. Il disqualifie ainsi nettement une foi qui mépriserait ou négligerait la pensée.
Le sous-titre exprime l’ambition de ce recueil : faire entendre un plaidoyer et fournir des éléments pour un libéralisme évangélique. Je n’entends évidemment pas formuler un ensemble de positions ou de doctrines qui constitueraient une « orthodoxie » ou une « dogmatique » libérale ; un tel projet se contredirait lui-même. Je signale d’abord quelques repères utiles ; c’est l’objet de la première partie qui tente de situer et de décrire, sans l’enfermer dans une définition, le libéralisme évangélique. Je suggère ensuite des pistes de réflexion ; ce que fait la deuxième partie qui esquisse une interprétation libérale de quelques thèmes de la pensée chrétienne.
L’expression libéralisme évangélique n’est pas nouvelle (au début du vingtième siècle, le pasteur Charles Wagner caractérise la paroisse du Foyer de l’Âme qu’il venait de fonder en la qualifiant d’« évangélique libérale »). Elle peut toutefois surprendre. En effet, dans le protestantisme, on a l’habitude d’opposer ceux qu’on nomme évangéliques (en fait des groupes plus ou moins fondamentalistes) aux libéraux. En parlant de libéralisme évangélique, je ne propose nullement une alliance contre-nature entre des courants divergents. Je souligne qu’on ne doit pas réserver le qualificatif « évangélique » à l’un d’eux (on ferait sans doute mieux de l’appeler evangelical) et le refuser à d’autres. En fait, tous les chrétiens se réfèrent à l’évangile, même s’ils ne le comprennent pas tous de la même manière, et toutes les églises sont, dans leurs racines et dans leur intention, évangéliques. Ce terme s’applique à l’ensemble de ceux qui se réclament de Jésus le christ ; il leur est commun et ne doit pas servir à désigner certains et à les différencier d’autres. Si on trouve des « évangéliques » qui rejettent tout libéralisme, si on rencontre des libéraux qui se rattachent à d’autres sources et ont d’autres références que l’évangile (des libéraux philosophiques ou politiques, ou encore juifs, voire musulmans), il existe aussi des évangéliques libéraux. Ils ont été conduits au libéralisme par l’évangile et leur libéralisme se veut fidélité à l’évangile. Ce livre, ainsi que le journal Évangile et Liberté (et son cousin suisse Le Protestant) s’inscrivent dans leur lignée.

 

 

André Gounelle est né en 1933, d’une vieille famille protestante des Cévennes qui comporte plusieurs pasteurs. Après une enfance et une adolescence passée au Maroc – il se souvient d'une petite ville où se côtoyaient, sur la place centrale la mosquée, la synagogue, l’église catholique et le temple protestant –
il fait des études de philosophie puis de théologie. Aumônier militaire en Algérie, pendant la guerre d’indépendance, pasteur à Dijon puis à Nîmes, il est nommé en 1971 professeur à la Faculté de Théologie Protestante de Montpellier, poste qu’il occupe jusqu’à sa retraite en 1998.
Il a travaillé sur les principes théologiques du protestantisme (Protestantisme ; Les grands principes du protestantisme ; Le baptême, le débat entre les Églises et La Cène, le sacrement de la division).
Il est très attentif à la théologie nord-américaine : celle de Tillich (dont il co-dirige
la traduction des Œuvres en français), celle du Process, qu’il a fait connaître
en France (Le Dynamisme créateur de Dieu), et celles de la postmodernité.
Son livre Le Christ et Jésus porte sur plusieurs de ces courants.
Son œuvre lui a valu un doctorat honoris causa de l’Université de Lausanne, et un autre de l’Université Laval à Québec.

 

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