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R É F L E X I O N S
L I M I N A I R E S
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«La belle Dance est une certaine finesse dans le mouvement au port au pas et dans toute la personne qui ne se peut ny exprimer ny enseigner par les paroles», écrit Michel de Pure en 1668, dans Idée des spectacles anciens et nouveaux, p. 180-181. C'est à Eugénia Roucher que nous empruntons la définition synthétique suivante : «Elle [la Belle Dance] désigne un style de danse qui, dès le départ, se présente comme l'apanage du "bon danseur", qu'il soit noble ou roturier, amateur ou professionnel. Se rencontrant dans le contexte tantôt du bal tantôt du ballet, la belle danse est révélatrice d'une conception à la fois sociale et esthétique de la danse. Étroitement associée aux manières de la Cour au sein de laquelle elle se développe, elle devient norme de référence par excellence dans la France du xviie s. puis dans toute l'Europe du xviiie s. [...].» (Dictionnaire de la musique en France aux xviie et xviiie siècles, sous la direction de Marcelle Benoit, art. «Danse»). La danse classique, jusqu'à présent, en est l'héritière naturelle ; elle en conserve encore une partie de la terminologie des positions et des pas. On voit combien le style de la Belle Dance est fondateur d'un art qui n'a pas cessé d'évoluer depuis trois siècles. Mais il est encore mal connu, aussi bien des danseurs professionnels et amateurs que du public. C'est cette Belle Dance qui est aujourd'hui dénommée, depuis peu, danse baroque. Comment sortir la Belle Dance de la tour d'ivoire où bien peu viennent la visiter, comment faire connaître à un public plus large la réalité de ce patrimoine chorégraphique souvent altéré ou même dénaturé dans des opéras aussi bien que dans des spectacles chorégraphiques ? La connaissance du patrimoine a été jusqu'à nos jours parcellaire et seul un travail de fond pouvait, à notre idée, en révéler toute la richesse, d'où notre désir de réaliser un catalogue raisonné des partitions chorégraphiques françaises en écriture Feuillet. Cette volonté s'est accompagnée de deux choix : fonder le catalogage sur une perspective historique, car ce corpus important, et couvrant une période particulièrement longue, est essentiel pour comprendre l'histoire de la danse ; élargir les champs de recherche au-delà d'un simple inventaire. Il n'était possible de réaliser ces ambitions que grâce à l'outil informatique. Dans les réflexions qui suivent, précisons que se mêlent les directions de recherche prises au départ, avec les méthodologies utilisées, et les résultats du travail informatisé, donc des éléments nouveaux ; c'est un aller-retour constant qui illustre bien la dynamique dans laquelle s'est effectué le travail. Nous présentons notre travail et ses résultats en trois parties : tout d'abord le corpus, examiné sous trois éclairages, les sources, les types de répertoire et la chronologie ; ensuite, les chorégraphes, traités de la même manière ; enfin, les champs d'exploration, la musique et les types de danse. A l'issue de la dernière partie, nous exposons en un guide de lecture le contenu de chacune des rubriques composant les notices descriptives et, le cas échéant, la manière dont les contenus en sont codifiés. Le présent catalogue imprimé est destiné aux chercheurs spécialisés, aux chorégraphes, aux enseignants et aux bibliothèques. Pour permettre aux chercheurs de poursuivre leurs investigations personnelles, le résultat de notre travail sera disponible sous la forme d'une base de données consultable |
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