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Jacqueline Waeber En musique dans le texte
A paraître, Novembre 2005
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Il n’existe à l’heure actuelle aucun ouvrage disponible en français sur le mélodrame musical. En musique dans le texte vient combler cette lacune en retraçant son évolution depuis le Siècle des Lumières jusqu’au début du XXe siècle. Né avec la scène lyrique de Pygmalion, monologue scénique écrit par Jean-Jacques Rousseau et mis en musique par Horace Coignet (1770), le mélodrame a été à l’origine un genre théâtral et musical, fruit d’une nouvelle sensibilité qui se révèle dans le théâtre larmoyant en France ou encore le Sturm und Drang des pays germaniques. Mais il est également issu d’une conception de la musique ancrée dans un substrat linguistique qui fait de celle-ci le véhicule idéal de l’expression des passions. Le retentissement considérable du Pygmalion à la fin du XVIIIe siècle verra le mélodrame se propager dans l’Europe entière et infiltrer d’autres genres comme l’opéra, où les scènes parlées sont invoquées dans des situations au pathétisme exacerbé : en un mot, mélodramatiques. Dès le début du XIXe siècle s’observe l’adéquation entre ces musiques mélodramatiques et une esthétique de l’excès, de l’outré, souvent alliée à l’irruption du fantastique : autant d’éléments qui caractérisent et justifient la rupture discursive propre au mélodrame romantique. Si le mélodrame a principalement été étudié sous l’angle théâtral, notamment à travers le répertoire dixneuviémiste du théâtre de boulevard, il n’en va pas de même pour le mélodrame musical. Les approches par trop littéraires du mélodrame ont quelque peu rabaissé le rôle de ces musiques mélodramatiques au rang de fonctionnels « fonds sonores ». On a d’ailleurs beaucoup moins traité des développements de la technique mélodramatique qui consiste à associer à la musique un texte destiné à être déclamé ou mimé, procédé qui a fasciné de nombreux compositeurs tout au long du XIXe siècle pour être un moyen permettant de rompre avec les modes de narration habituels. Et si le mélodrame musical a aujourd’hui mauvaise réputation, c’est oublier à quel point son répertoire connut une immense popularité depuis ses origines jusqu’au début du XXe siècle, générant même ses propres interprètes, dont Albertine Zehme, instigatrice et créatrice du Pierrot lunaire. A travers de nombreux exemples musicaux et illustrations, En musique dans le texte témoigne de la vitalité d’un genre qui n’a eu de cesse de se renouveler depuis l’ère des Lumières. Allant au-delà de l’habituelle perception du mélodrame sous l’angle de la seule déclamation, cette étude à la fois historique et analytique offre un regard pluridisciplinaire sur le mélodrame. L’apport des pratiques théâtrales et de la culture visuelle depuis la fin du XVIIIe siècle fait du mélodrame l’ancêtre de la musique de film et le premier multimédia, de par sa construction interactive entre musique, voix et geste. Outre une bibliographie détaillée, l’ouvrage donne également en annexe une liste chronologique recensant un nombre important de mélodrames de 1770 à nos jours.
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Musicologue suisse, Jacqueline Waeber est diplômée du Conservatoire supérieur de musique de Genève (écriture, cor) et docteur ès lettres de l’Université de Genève (musicologie). Elle consacre ses recherches à l’esthétique musicale de Jean-Jacques Rousseau et aux rapports entre théâtre, arts plastiques et musique aux XVIIIe et XIXe siècles. Auteur de nombreuses études sur l’esthétique musicale au Siècle des Lumières, elle a notamment publié en 1997 la première édition critique du texte et de la musique du Pygmalion de Jean-Jacques Rousseau et Horace Coignet. Jacqueline Waeber enseigne au département de musique du Trinity College (Université de Dublin).
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